Les Légendes
Origines Orientales
Arrivée en Europe et évolution
Les échecs modernes
Les champions du monde
Les championnes du monde
3000 ans avant notre ère, en Indes, le prince Belkib qui cherchait à
tromper son ennui demanda a ses sages une distraction qui le satisferait. Plus
tard le sage Sissa, fils de Brahmine Dahir, lui presenta un nouveau jeu :
les échecs. Le prince trouva ce jeu passionnant et y joua des journées
entières. Pour remercier Sissa, le prince demanda quelle récompense lui ferait
plaisir. Le sage demanda au prince de poser un grain de blé sur la première
case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour
remplir l'échiquier en doublant la quantité de grain à chaque case. Le prince
trouva cette demande bien modeste.
Le conseiller du roi lui expliqua qu'il signerait la mort du mort, car le
nombre de grain à réunir serait astronomique et irréalisable ! En effet le
nombre précis est de 18 446 744 073 709 551 615 grains. Les récoltes de l'année
ne suffiraient pas.
Le roi accepta la proposition à condition que le sage compte les grains
lui-même. une autre variante affirme que Sissa eut la tête tranchée pour une
telle effronterie.
Une autre légende place l'invention du jeu durant la guerre de Troie (1300 av JC). Palamède, l'un des héros grecs, aurait inventé le jeu pour remonter le moral des troupes durant le siège de la cité.
On admet que son ancêtre connu le plus ancien est un jeu indien, le chaturanga.
Deux passages de textes sanskrits mentionnent l'existence du jeu sans
donner d'autres informations. Il s'agit de Vasavadatta, écrit en 600 par
Subdandhu et surtout de Harshascharita, écrit par Bana vers 625. Il
décrit le Aashtapada, un echiquier de 64 cases, qui permet d'apprendre
le chaturanga, le nom sanskrit des échecs.
Ces livres, suivis de deux autres
ouvrages écrits en 850 par Ratnakara et Rudrata à la fin du neuvième siècle,
permettent de prendre connaissance des pièces du jeu qui sont celles d'une armée.
(fantassins, cavaliers, chars et éléphants).
Le jeu se propage jusqu'en
Perse aux alentours de l'an 600 où il devient le chatrang.
Lorsque les Arabes envahissent la Perse, ils l'adoptent sous le nom de shatranj. C'est au cours des IXe et Xe siècles qu'apparaissent les premiers champions et les premiers traités. Les pièces sont stylisées en raison de l'interdiction de représenter des êtres animés. On retrouve alors :le roi (Shâh), le conseiller (Firzan ou Vizir), l'éléphant (Al-fil), le cheval (Faras), le Roukh, semblable à la tour actuelle et le soldat (Baidaq), l'équivalent du pion.
L'arrivée des échecs en Europe se fait sans doute par l'Espagne musulmane aux alentours
de l'an mil, voire l'Italie du sud. Dès son arrivée dans la Chrétienté,
l'échiquier et les pièces s'occidentalisent : le plateau devient bicolore avec
les cases rouges et noires (qui deviendront plus tard blanches et noires), le
vizir devient reine et/ou dame (il est difficile de déterminer lequel des
deux termes prévalait - sans doutes étaient-ils utilisés indifféremment) ;
l'éléphant (al fil en arabe, qui reste alfil en espagnol aujourd'hui) devient fou
(bishop, évêque en anglais) ; le roukh arabe devient roc (ce nom donnera rook
en anglais, le verbe « roquer » en français et désignera la tour d'échecs en
héraldique), puis tour vers la fin du XVIIe siècle. Dans certaines régions
d'Europe, le double pas initial du pion est pratiqué. Enfin, des règles
permettent au roi ou à la reine/dame d'effectuer un saut à deux cases (sans
prise) à leur premier mouvement. Ce dernier point est la différence principale
avec les règles du Shatranj des pays musulmans.
Mais l'évolution la plus importante a lieu à la fin du Moyen Âge, vers 1475 en
Espagne lorsque les mouvements limités de la reine/dame et du fou sont
remplacés par ceux que nous connaissons actuellement. Le jeu devient tellement
rapide qu'on juge préférable d'annoncer « Échec au roi » et « Gardez la reine
». Les joueurs de cette époque nomment ces nouvelles règles : « eschés de la
dame » ou « jeu de la dame enragée ».
Pour parer aux effets dévastateurs de ces pièces aux pouvoirs renforcés, le
roque est inventé vers 1560 et, progressivement, il remplace le saut initial du
roi ou de la reine/dame qui deviennent obsolètes. Vers 1650, on peut considérer
que les règles du jeu moderne sont à peu près établies. Si les premiers livres
traitant des échecs remontent à l'époque arabe, la stabilisation des règles en
Europe donne naissance à une littérature théorique très riche et on observe
notamment l'élaboration des premiers systèmes d'ouverture.
L'aspect des pièces le plus courant aujourd'hui, le style Staunton, date de
1850. C'est également durant la seconde moitié du XIXe siècle qu'émergent les
échecs modernes. Les premières compétitions internationales ont lieu, les
progrès théoriques de l'art de la défense mettent un terme à l'ère romantique.
Au XXe siècle, l'URSS en assure une promotion très active, le considérant comme
un excellent outil de formation intellectuelle. C'est, en outre, une vitrine de
la formation intellectuelle soviétique qui leur permet de dominer largement une
discipline prestigieuse.
Durant la guerre froide, l'apparition de Bobby Fischer, le premier occidental à
défier les Soviétiques au plus haut niveau, donne aux championnats du monde une
véritable dimension politique. Plus tard, les tensions entre conservateurs
russes et partisans de la perestroïka se cristalliseront autour de
l'affrontement entre Anatoly Karpov et Garry Kasparov.
À la fin du XXe siècle, la confusion concernant le titre de champion du monde
(voir plus bas) amène l'attention médiatique à se concentrer sur l'opposition
entre l'homme et la machine, comme en témoigne le retentissement médiatique des
matchs entre Kasparov et Deep Blue. Les femmes font également leur apparition
dans un domaine longtemps considéré quasi-exclusivement masculin. Ainsi, depuis
avril 2003, Judit Polgár figure-t-elle régulièrement parmi les dix meilleurs
joueurs mondiaux au palmarès de la Fédération internationale des échecs.
Depuis août 2000, les échecs sont devenus, en France, un sport reconnu par le
Ministère de la Jeunesse et du Sport. De nombreuses compétitions sportives sont
organisées dans le monde entier. Notons que, depuis peu, l'entrée de ce jeu aux
Jeux Olympiques est fortement discutée.
1. Wilhelm Steinitz (1886 - 1894)
2. Emanuel Lasker (1894 - 1921)
3. José Raúl Capablanca (1921 - 1927)
4. Alexandre Alekhine (1927 - 1935)
5. Max Euwe (1935 - 1937)
6. Alexandre Alekhine (1937 - 1946) (Mort du Champion du monde)
Entre 1946 et 1948, il n'y eut pas de champion du monde. La FIDE organisa les
nouveaux championnats du monde à partir de 1948.
7. Mikhaïl Botvinnik (1948 - 1957)
8. Vassily Smyslov (1957 - 1958)
9. Mikhaïl Botvinnik (1958 - 1960)
10. Mikhaïl Tal (1960 - 1961)
11. Mikhaïl Botvinnik (1961 -1963)
12. Tigran Petrossian (1963 - 1969)
13. Boris Spassky (1969 - 1972)
14. Bobby Fischer (1972 - 1975)
15. Anatoly Karpov (1975 - 1985)
16. Garry Kasparov (1985 - 1993)
En 1993, Garry Kasparov provoqua une scission avec la FIDE et créa sa propre fédération, la PCA (Professional Chess Association). Il y eut alors deux Champions du monde, l'un dit « classique » dans la lignée des matchs démarrée par Steinitz, l'autre dit « FIDE » vainqueur du « Championnat du Monde FIDE », mais dont les tenants étaient, pour certains, des joueurs de seconde catégorie (ils ne surent pas s'imposer lors des grands tournois Mondiaux suite à leur titre).
Champions du monde « FIDE » :
17. Anatoly Karpov (1993 - 1999)
18. Alexander Khalifman (1999 - 2000)
19. Viswanathan Anand (2000 - 2002)
20. Ruslan Ponomariov (2002 - 2004)
21. Rustam Kasimdzhanov (2004 - 2005)
22. Veselin Topalov (2005 - 2006)
Champions du monde « classiques » :
17. Garry Kasparov (1993 - 2000)
18. Vladimir Kramnik (2000 - 2006)
En 2006 eut lieu le match de réunification des deux titres.
Vladimir Kramnik battit Veselin Topalov.
À compter de 2006, Champions du monde «unifié»
![]() | 1. Vladimir Kramnik (2006 - 2007) |
![]() | 2. Viswanathan Anand (2007 - ? ) |
| 1. Vera Menchik | de 1927 à 1944 | |
| 2. Ludmilla Rudenko | de 1950 à 1953 | |
| 3. Elizaveta Bykova | de 1953 à 1956 de 1958 à 1962 | |
| 4. Olga Rubzova | de 1956 à 1958 | |
| 5. Nona Gaprindashvili | de 1962 à 1978 | |
| 6. Maya Tchibourdanidzé | de 1978 à 1991 | |
| 7. Xie Jun | de 1991 à 1996 de 2000 à 2001 | |
| 8. Zsusva Polgar | de 1996 à 2000 | |
| 9. Zhu Chen | de 2001 à 2004 | |
![]() | 10. Antoaneta Stefanova | de 2004 à 2006 |
![]() | 11. Xu Yuhua | de 2006 à 2008 |
![]() | 12. Alexandra Kosteniuk | depuis 2008 |